1000 idées pour la Corse

Discussions et organisation de projets pour la Corse

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#1 31-07-2013 23:27:27

Fabien
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Internet

Il est urgent de se réapproprier Internet. Les outils qui évitent de se faire espionner existent, il faut apprendre à les utiliser.

L'outil qui permet à la NSA d'examiner quasiment tout ce que fait un individu sur internet
31 juillet 2013
Le Monde
http://www.lemonde.fr/technologies/arti … 51865.html

L'agence de sécurité nationale américaine (NSA) dispose d'un outil, appelé XKeyscore, qui permet aux agents du renseignement américains d'accéder à l'historique de navigation et de recherche, aux contenus des e-mails, et aux conversations privées sur Facebook, selon des documents publiés le 31 juillet par le Guardian.

Si l'existence de XKeyscore était déjà connue, ces documents en détaillent le fonctionnement et les capacités. On apprend ainsi que la NSA le considère comme son outil dotée de la "portée la plus grande" permettant d'examiner "quasiment tout ce que fait un individu sur Internet". "Qu'est-ce qui peut être stocké ? Tout ce que vous voulez extraire" se félicite ainsi l'une des pages du document.

Dernière modification par Fabien (06-08-2013 11:38:24)

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#2 19-08-2013 11:51:39

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Re : Internet

Un très bon article sur la perte de compétence informatique des jeunes générations. Plutôt que les enfants, j'aurais mis "les jeunes", tant il me semble que ceux que je connais sont tous largués...
Je mets quelques citations, mais tout est à lire, vraiment.

Les enfants ne savent pas se servir d’un ordinateur et vous devriez vous en inquiéter
Matt Scott, via le blog de Nicolas le Gland (traduction)
29 juillet 2013 / 15 août 2013 (traduction)
http://nicolaslegland.wordpress.com/201 … rdinateur/

Trop long à lire ?1 Et pourquoi vous n’iriez pas plutôt regarder une autre vidéo de chaton avec sa tête dans un rouleau de papier toilette, ou la description en 140 caractères du repas qu’un ami vient de se fourrer dans la bouche.

Oh… Je suppose que de nos jours, vous devez trouver que les enfants en savent plus sur les ordinateurs que leurs professeurs… »

Si vous enseignez l’informatique ou les télécommunications, c’est une phrase que vous allez entendre un million de fois, un milliard de fois, epsilon zéro fois, aleph fois. Bon j’exagère un peu, mais vous allez vraiment beaucoup l’entendre. Il y a évidemment des variantes de la phrase, qui toutes, vantent les capacités techniques des enfants d’aujourd’hui. Ma préférée vient de parents. « Oh, Johnny n’aura aucun problème pour l’informatique au bac6, il est toujours sur son ordinateur à la maison. » Les parents ont cette impression assez vague que les heures passées chaque soir sur Facebook et YouTube devraient se transformer, par une sorte d’osmose cybernétique, en compétence PHP, HTML, JavaScript et Haskell.

J’ai alors rendu le MacBook à la femme qui a lancé Safari. « L’Internet ne marche pas. » a-t-elle déclaré avec dédain.

J’ai entendu cette phrase tellement de fois, que ce soit par des élèves ou des enseignants, que j’ai une réaction toute prête. Normalement, je sors mon téléphone portable et je fais semblant de taper quelques chiffres. Le combiné à l’oreille, je dis : « Oui, passez-moi le bureau du président des États-Unis… Non, je ne peux pas patienter, c’est une urgence… Allo, Monsieur le Président, j’ai bien peur d’avoir de mauvaises nouvelles. Je viens d’être informé que l’Internet ne marche pas. »

Je suppose qu’avant de poursuivre, je devrais définir clairement ce que j’entends par « ne pas savoir se servir d’un ordinateur ». Être à la fois un gestionnaire de réseau et un enseignant signifie que je suis souvent le premier port d’escale pour un enseignant ou un élève en difficulté avec les ordinateurs et les périphériques associés. Comme mon technicien en chef aime le rappeler, « le problème est généralement dans l’interface entre la chaise et le clavier. »

C’est aujourd’hui que sont formés les politiciens, les fonctionnaires, les fonctionnaires de police, les enseignants, les journalistes et des chefs d’entreprise de demain. Ces gens ne savent pas comment utiliser un ordinateur, mais ils vont créer des lois concernant les ordinateurs, appliquer les lois concernant les ordinateurs, apprendre aux jeunes à se servir d’un ordinateur, faire des reportages sur les ordinateurs dans les médias et du lobbying auprès des politiciens à propos des ordinateurs. Pensez-vous que cet état de fait soit acceptable ? J’ai David Cameron qui me dis que le filtrage d’Internet est une bonne chose. J’ai William Hague qui me dit que je n’ai rien à craindre des services de renseignement16. J’ai une question pour ces décideurs :

    Sans avoir recours à Wikipédia, pouvez-vous me dire quelle est la différence entre Internet, le World Wide Web, un navigateur Web et un moteur de recherche ?

Si vous ne pouvez pas, alors vous n’avez pas le droit de prendre des décisions qui affectent mon utilisation de ces technologies. Essayez. Vos amis savent-ils faire la différence ? La faites-vous ?

J’attends des gens qui aideront à façonner notre future société, qu’ils comprennent la technologie qui les aidera à façonner notre future société. Pour que cela arrive, nous devons inverser la tendance qui voit l’analphabétisme numérique augmenter de façon exponentielle. Nous devons agir ensemble, en tant que parents, en tant qu’enseignants, en tant que décideurs. Formons une génération de hackers.

Qui est avec moi ?


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#3 04-09-2013 17:56:23

Fabien
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Re : Internet

Jetez votre box, connectez-vous à l'Internet associatif
Bastamag, 4 septembre 2013

http://www.bastamag.net/article3227.html

Alors que les attaques contre la neutralité du net se font de plus en plus pressantes, que les révélations sur la surveillance du réseau se succèdent, il est temps de redécouvrir une autre manière de se connecter à Internet. Passer de consommateur chez Orange ou Free à adhérent d’un Fournisseur d’accès à internet (FAI) associatif, c’est possible. Mode d’emploi.

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#4 25-09-2013 17:58:10

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Re : Internet

L’univers de la culture libre et non-marchande a sa galaxie : Framasoft
Agnès Rousseau, Bastamag, 25 septembre 2013
http://www.bastamag.net/article3277.html

Des millions de logiciels, des services en ligne, des livres, de la musique... Diffusés non par une multinationale, mais par une association, portail francophone de la « culture du libre ». Fer de lance de la promotion des logiciels libres depuis une décennie, Framasoft rassemble tous ceux qui cherchent à inventer d’autres manières de faire tourner un ordinateur, d’échanger des contenus, de partager des œuvres, bien loin des logiques marchandes de Microsoft ou Google. Plongée dans l’univers du libre, à la découverte d’un réseau d’éducation populaire protéiforme.


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#5 22-11-2014 19:25:38

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Re : Internet

Un bon article sur l'importance politique d'Internet en tant que réseau acentré. A lire avec l'idée n°123 de 1000 idées pour la Corse : http://1000ideespourlacorse.wordpress.c … a-place-2/

L’Internet et le politique, en un (vieux) schéma
https://www.techn0polis.net/2014/11/21/ … -safirlab/

Mais on peut aussi, évidemment, voir dans cette structure distribuée une « forme politique » — l’effacement des points d’entrée, des gatekeepers, au profit de liens égalitaires entre les nœuds du réseau.[...] L’Internet, ce n’est rien d’autre que ça [un réseau acentré (distribué)] : Et c’est ce par quoi tout change. Quand bien même le réseau serait, comme toute dimension de l’espace social, soumis à des rapports de force complexes, mouvants, parfois brutaux, et pas toujours — loin s’en faut — en faveur des « périphéries agiles ». Et c’est bien pourquoi la préservation d’une infrastructure distribuée (et non pas décentralisée) est un enjeu politique en soi, la condition technique à l’exercice des libertés civiles à l’ère numérique.

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#6 13-12-2014 13:42:12

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Re : Internet

A propos de l'affaire "The pirate bay"

Un article de Benjamin Bayart sur l'absurdité de la méthode utilisée par les autorités :
Filtrer The Pirate Bay : Ubu roi des Internets ?
http://blog.fdn.fr/?post/2014/12/07/Fil … -Internets

Le sujet du jour c'est que quand les ayants droit veulent faire interdire une activité illégale, ils font un procès... à quelqu'un d'autre. Ce n'est pas que les ayants droit soient fous, c'est que nous vivons au temps de la justice de père Ubu. En effet, ce que veulent obtenir les ayants droit, c'est que les fournisseurs d'accès empêchent l'accès au site de The Pirate Bay. Or pour forcer les FAIs à faire quelque chose, il faut les condamner. Pour les condamner, il faut qu'ils soient délinquants.

L'affaire qui nous intéresse oppose donc, d'une part, des gens qui défendent leurs droits patrimoniaux sur des œuvres, et d'autre part des gens qui ne sont pas les délinquants, mais qui vont quand même être condamnés. De manière particulièrement amusante, ils seront payés pour mettre en œuvre la décision de justice. Ils sont donc condamnés à se faire payer par les ayants droit pour mettre en œuvre une décision de justice.

Mais, et le délinquant alors ? Fastoche. Il n'est pas concerné. Pas cité dans la procédure. Pas invité à se défendre. On a donc d'une part, des ayants droit qui exposent leurs griefs. D'autre part des FAIs qui sont transformés par la force de la justice en exécuteurs des sentences. Et personne pour représenter les intérêts de l'accusé/condamné, puisqu'il n'est même pas cité au procès. Père Ubu inventerait la justice qu'il ne ferait pas mieux. Ou pire, c'est selon.

Une tribune du fondateur de "The pirate bay", un peu commentée, sur le blog de framasoft :
« Je suis allé en prison pour avoir défendu ma cause. Et vous, qu’avez-vous fait ? »
http://www.framablog.org/index.php/post … numeriques

centraliser Internet, n’avoir qu’une poignée de services centralisés, appartenant pour la plupart à des entreprises d’un seul et même pays, pays qui ne se soucie pas tellement des frontières lorsqu’il s’agit de ses propres intérêts, n’est pas la meilleure des idées.

Honnêtement, j’ai vraiment l’impression que nous avons atteint un point culminant. C’est l’impression que près de 100 % de la communauté internet pense « oh, ce n’est pas mon problème, quelqu’un d’autre s’en chargera ». Mais ce n’est pas seulement l’actualité autour de The Pirate Bay qui m’a conduit à cette idée. Ça a pris du temps à mûrir. En fait, il ne reste que quelques militants actifs qui font réellement quelque chose. Nos ressources financières sont plus qu’amenuisées, nous vieillissons et nous devenons paresseux. Nous essayons de travailler de façon intelligente tout en continuant à avoir une vie de famille, gérant nos vies avec nos compagnes ou compagnons, nous pensons à nos carrières. La plupart des militants les plus engagés finissent par travailler à plein temps sur les projets dans des organisations comme l’EFF, qui peuvent obtenir un certain financement. La communauté finance ces organisations et c’est ainsi que la communauté a l’impression que si elle le fait, ces chouettes personnes résoudront les problèmes à leur place.
Nous avons stoppé ACTA. Nous avons stoppé SOPA, PIPA. Nous travaillons à stopper le TTIP. Nous sommes présents dans certains parlements. Parce que c’est ainsi que nous travaillons désormais. Internet fait partie de la vie de tous les jours, nous ne pouvons plus jouer aux activistes sauvages et faire comme bon nous semble. Nous devons agir de façon organisée. Nous devons écouter les autres personnes. Il ne s’agit plus du Far West. Alors nous nous rangeons en ordre de bataille. Et nous discutons. En attendant, nos opposants deviennent de plus en plus forts. Ils ont déjà corrompu leurs amis politiciens pour nous rogner les ailes. Nous jouons sur leur propre terrain et nous voulons vraiment obtenir notre dû, nous en avons fait plus que n’importe qui. Dans le même temps, plusieurs accords du type de ACTA/SOPA/PIPA/TTIP sont passés sans que nous en sachions quoi que ce soit. Nous stoppons un accord et trois passent inaperçus. Malgré notre victoire à la Cour suprême européenne, nous devons toujours nous battre contre la rétention des informations. C’est un combat sans fin.

Je suis allé en prison pour avoir défendu ma cause et vos émissions télé. Et vous, qu’avez-vous fait ? Vous voulez qu’on vous renvoie un des 25 exemplaires de 1984 d’Orwell qui m’ont été envoyés quand j’étais en prison ? Je vais en prendre un et vous le ferai parvenir. Peut-être le lirez-vous plutôt que de l’envoyer à quelqu’un d’autre en espérant qu’on le lise à votre place.


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#7 21-12-2014 14:59:46

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Re : Internet

La Corée du Nord, cet ennemi de paille pour durcir le contrôle d'Internet
Guillaume Champeau, Numérama,  20 décembre 2014
http://www.numerama.com/magazine/31670- … ernet.html

En dépit du bon sens et des dénégations de l'intéressée, les Etats-Unis affirment que la Corée du Nord est derrière le piratage de Sony Pictures, et que le pays devra en subir des conséquences. Mais lors d'une conférence de presse, le président américain a surtout profité de cette accusation pour demander un contrôle plus étroit de la sécurité sur Internet, critiquant le "Far West" actuel.

http://www.numerama.com/forum/uploads/m … y-disk.jpg


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#8 21-12-2014 21:52:37

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Re : Internet

Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l'utopie numérique
http://www.slate.fr/story/95899/fred-tu … chnologies

Pour l'historien Fred Turner, qui retrace la filiation entre les idéaux communautaires des années 60 et la vision d'un Internet comme espace de salut pour l'individu et le collectif, le pouvoir de fascination des réseaux est plus vivant que jamais et nourrit l'idéologie de l'économie numérique autant que les marges d'Internet. Selon lui, tant que la politique sera laissée de côté, aucun ordinateur ne changera le monde.


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#9 23-12-2014 13:44:25

Fabien
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Re : Internet

Ne laissons pas Internet devenir une « zone de non-droit »
http://www.nextinpact.com/news/91498-tr … -droit.htm

Yoann Spicher, doctorant en Sciences de l'information et de la communication, signe dans nos colonnes une tribune sur « l’Internet, zone de non-droit ». Une critique si souvent adressée par les politiques que cet ancien permanent de la Quadrature du Net retourne savamment.

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#10 29-12-2014 09:29:41

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Re : Internet

Que reste-t-il de l'Internet que nous aimons ?
http://www.framablog.org/index.php/post … qu-on-aime

Facebook a tué l’Internet, mais si ce n’était pas Facebook, ç’aurait été autre chose. L’évolution des réseaux sociaux était probablement aussi inévitable que le développement des téléphones cellulaires qui peuvent surfer sur Internet. C’était une évolution naturelle pour Internet.

Voilà pourquoi c’est aussi particulièrement inquiétant. Parce que la solution n’est pas Znet ni Ello. La solution n’est pas dans de meilleurs réseaux sociaux, de meilleurs algorithmes, ou des réseaux sociaux gérés par une fondation sans but lucratif plutôt que par une entreprise qui brasse des milliards de dollars. De même que la réponse à une société où chacun a sa propre voiture personnelle n’est pas d’avoir davantage de véhicules électriques. Pas plus que la réponse à une société aliénée où chacun possède son propre téléphone portable pour le regarder n’est pas de monter une compagnie de téléphone dont on serait collectivement propriétaire.


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#11 29-12-2014 12:42:24

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Re : Internet

Les énormes progrès de la NSA pour défaire « la sécurité sur Internet »
http://www.lemonde.fr/pixels/article/20 … 08996.html

Les outils dont la robustesse résiste à la NSA sont peu nombreux : GnuPG, qui sert à la protection des courriels, Tails, un système d’exploitation « amnésique », OTR, un langage informatique protégeant la confidentialité des discussions instantanées, les applications développées par le collectif Whispersystems (comme Signal), Truecrypt, un système de chiffrement des documents dont l’interruption mystérieuse a suscité de nombreuses interrogations et Tor, un navigateur permettant notamment une navigation anonyme sur Internet.

Crimes de guerre et décryptage de données : nouvelles révélations de Snowden
http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/29/c … den-256794

De nouvelles révélations d’Edward Snowden mettent en lumière les agissement des pays de l’OTAN en Afghanistan et le décryptage de données par la NSA américaine.

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’un certain nombre de moyens de chiffrement communément utilisés ne résiste pas aux attaques de la NSA.

Il s’agit notamment :

    des VPN ou réseaux privés virtuels, qui permettent d’établir des connexions sécurisées entre deux ordinateurs, dont deux des principaux protocoles, PPTP et IPsec figurent parmi les cibles privilégiées de la NSA ;
    de certains moyens de communication tels que le tchat et le VoIP (voix sur IP, permettant de communiquer par la voix via, notamment, les réseaux internet, ndlr) ;
    de divers protocoles de communication sécurisés tels que le SSL (et donc l’https -qui signifie « protocole de transfert hypertexte sécurisé »-, basé sur le SSL), le TLS, et le SSH.

Les documents analysés par l’équipe de Der Spiegel, dont Poitras et Appelbaum font partie, montrent que la NSA a procédé à une classification des niveaux de chiffrement, allant de « simple » à « catastrophique ».

    Le niveau « simple » consiste par exemple à reconstituer le trajet d’un document sur le web. Cela ne pose aucun problème à la NSA.
    Un peu plus compliqué, sans pour autant poser de gros problèmes, l’enregistrement d’un tchat Facebook est considéré comme causant des difficultés « mineures ».
    Le niveau de difficulté du décryptage d’e-mails provenant par exemple d’une boîte mail de la firme mail.ru, basée à Moscou, est « modéré ».
    Le réseau Tor (qui permet de naviguer anonymement sur internet,, ndlr), le logiciel de chiffrement Truecrypt ou encore le chiffrement de chats avec OTR, causent du fil à retordre à la NSA, qui ne parvient en général qu’à obtenir des bribes de données, ou des métadonnées : ils sont donc classés dans la catégorie de difficulté « majeure ».
    Quant à la combinaison de Tor avec un chat chiffré tel que CSpace ou le protocole ZRTP (notamment utilisé par les applications pour smartphones Redphone et Signal), elle est classée comme étant « catastrophique » et provoque une disparition presque totale des communications ainsi chiffrées des radars de la NSA.


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#12 04-01-2015 16:18:39

1000IDCorse
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Re : Internet

Crypto : on est fichus… #oupas
https://www.techn0polis.net/2015/01/03/ … hus-oupas/

La NSA n’est un modèle de menace individuel que pour un nombre somme toute limité de personnes (incluant, certes, des résidents des « Five Eyes », des « 9 Eyes » et des « 14 Eyes », à des degrés divers, hélas peu documentés à ce stade). La NSA est d’abord un modèle de menace collectif — le problème, c’est la signification politique de l’interception de masse, l’interprétation des signaux faibles, le spectre de l’analyse prédictive. Il faudra bien y trouver une réponse, qui passe notamment, au plan technique, par un « durcissement » d’Internet, mais qui ne peut (et ne doit) pas s’y limiter.

En attendant, ce qui ne protège pas (vraiment) contre la NSA est néanmoins suffisant, le plus souvent, pour protéger d’un proche indélicat, d’un conjoint abusif, d’un administrateur système trop curieux,  et même de la police d’un État pas très regardant sur les droits de l’homme (et de préférence pas trop ami avec les États-Unis). Laisser penser que la cryptographie « grand public » — celle que des centaines de millions d’internautes utilisent sans s’en rendre compte — est bonne à jeter revient à expliquer à un candidat à une promenade dans la savane qu’il ferait aussi bien d’y aller tout nu et à pied, sous prétexte que ni son pantalon ni sa méhari ne résisteront à un rhinocéros furieux.

De la surveillance de masse à la paranoïa généralisée
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2015/ … neralisee/

Avant j'avais deux problèmes : c'était, faire comprendre aux gens ce que c’était que la société de surveillance, sans être traité de parano ; et ce n'était pas facile.

Avec les révélations Snowden, mon problème a un petit peu changé : c'est arriver à faire comprendre ce que c'est que la société de surveillance à des paranos. C'est-à-dire que le problème auquel je suis confronté c'est qu'avant, les gens comme moi, qui s’intéressaient à ces histoires-là, était facilement brocardées comme paranos. Le problème, aujourd'hui, c'est que tout le monde est devenu parano. C'est ce que je vais essayer de vous montrer et ce pourquoi ça me semble dangereux, ou problématique en tout cas, de passer de la société de la surveillance à la société de paranoïa.

Dernière modification par 1000IDCorse (04-01-2015 16:20:11)

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#13 04-01-2015 21:48:57

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Re : Internet

Décidément, beaucoup de très bons articles en ce moment.

Antonio Casilli : peut-on encore aimer Internet ?
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/03/a … net-256885

En sociologie de l’Internet, on se pose depuis longtemps une question à laquelle on ne trouve pas de réponse cohérente : Internet nous enferme-t-il dans nos croyances ou nous ouvre-t-il à l’autre en nous exposant à une variété d’expériences et de trajectoires de vie qui nous enrichit ? On a tendance à considérer qu’il favorise la reproduction de l’entre-soi.

Et là, on incrimine les solutions socio-technologiques trouvées par les plateformes elles-mêmes – type l’algorithme de recommandation de Facebook qui nous met constamment face à des choses proches de ce que nous avons déjà « liké » et renforce nos orientations. Donc Internet tendrait à ce qu’on appelle l’« homophilie », le fait qu’on a tendance à s’associer avec des personnes qui partagent avec nous certaines caractéristiques – genre, âge, niveau socio-économique ou langue.

Internet exagère-t-il cette tendance à l’homophilie ou l’inverse ? On ne le sait pas encore. Il y a autant d’indicateurs qui vont dans les deux sens. Donc il n’est pas du tout certain qu’Internet soit un lieu où se créent seulement des abcès politiques. Il se pourrait aussi bien que, globalement, ce soit un lieu d’ouverture à d’autres opinions.

Dans mon travail, je m’intéresse à trois types de dispositifs : les forums, les commentaires et les plateformes de flux comme Facebook ou Twitter. Dans chacun, la participation se fait de manière différente et la partie sombre de la participation se manifeste aussi de manière très différente.

    Les grandes controverses qui ont lieu sur les forums depuis les années 80, et aujourd’hui sur Wikipédia, peuvent être violentes mais ce sont des controverses classiques, habermassiennes si je puis dire, avec des paroles reconnaissables, des arguments souvent rationnels – et qui, s’ils ne sont pas rationnels, se font traiter de trolls et sont exclus de la conversation. Tout y est enregistré avec un souci de documentation de la controverse parce que la controverse est considérée comme légitime.
    C’est très différent avec les commentaires : on ne garde pas les commentaires qui ne sont pas légitimes. On jette les commentaires hors de propos. En revanche, on archive le texte journalistique.
    Quant à la participation par le flux, c’est un autre contexte. La participation est encore plus rapide, plus éphémère, plus phatique, moins basée sur des éléments rationnels, sur la reconnaissabilité de la personne qui porte la parole. C’est un autre trouble de la participation, un effet de foule. On peut se faire troller par 10 000 personnes en même temps.

Mais on est dans un moment de rélexion profonde sur ces dispositifs, c’est bon signe.

si l’on exclut les initiatives vraiment contributives et non marchandes, ce qu’on appelle « économie du partage » est en fait une économie « à la demande », une économie où on cherche à faire de la production de service à la demande en optimisant la chaîne logistique et en se basant sur un système de captation de la générosité des foules.

Ce qui m’impressionne, c’est que le discours politique qui se produit autour de l’ébranlement de certains grands secteurs de l’économie traditionnelle – transport urbain avec Uber, hôtellerie avec Airbnb – ressemble beaucoup aux types de débats qu’on avait au début des années 80 avec le thatchérisme. Le thatchérisme, c’était la privatisation de tout pour pallier l’inefficacité des structures existantes. On connaît très bien les conséquences de ce type de logique sur la société anglaise. L’uberisme, c’est du thatchérisme 2.0 : optimisation des chaînes productives, avec un discours de la prospérité généralisée, de la relance de la croissance, du bien-être du consommateur.

Je suis extrêmement critique, mais je ne suis pas pessimiste.

Qui peut se permettre d’être pessimiste ? Toutes les personnes qui se sont penchées sur Internet trop récemment et qui ne connaissent que l’Internet de la fin des années 2000 et du début des années 2010, qui est en effet caractérisé par un ensemble de tensions fortes et exige de passer à l’action, ou au moins de prendre des positions fermes.

Les autres pessisimistes sont ceux qui ont toujours eu une foi inébranlable – par exemple ceux que vous citiez au début : Turkle, Lanier, Lessig et tous les autres – dans une sorte de grand récit du progrès : « Internet est arrivé, les lendemains qui chantent sont pour aujourd’hui. Il faut juste s’assoir face à son écran et laisser la magie opérer. » Non. Au contraire. Je n’ai jamais cru en ce grand récit. L’Histoire est faite de tensions. Ces tensions existent toujours. Elles existaient dans les années 80, elles existent encore aujourd’hui. Et je pense d’ailleurs que les oppositions sont toujours les mêmes : les clivages anonymat/identification, liberté/surveillance, libéralisme/régulation.. tout ça avait déjà lieu avant Internet. La lutte continue.

Dernière modification par 1000IDCorse (04-01-2015 21:49:23)

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#14 11-02-2015 17:40:33

Fabien
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Re : Internet

Logiciel libre et ESS, une économie à l’intention de tous
http://www.humanite.fr/logiciel-libre-e … ous-564379

En plus de ses fonctions à la fédération des Maisons des jeunes et de la culture, Laurent Costy est le fondateur de Libre Association, initiative de l’April (Association de promotion et de défense du logiciel libre), visant à promouvoir le logiciel libre au sein des structures associatives et de l’économie sociale et solidaire (ESS) en général. «Migrer vers le libre est non seulement éthique, mais aussi politique. Quand on veut une gouvernance démocratique au sein de l’entreprise, il faut aussi savoir rester maître de son informatique.»

Pour autant, l’ESS ne s’est pas aussi naturellement tournée vers le logiciel libre, ce qui pourtant lui permettrait de mettre en cohérence ses actions et ses intentions, de remettre de l’humain au cœur du système. Consciente de cet écart, l’association Framasoft, véritable porte d’entrée vers le logiciel libre puisqu’elle diffuse, développe et explique comment se servir de ces programmes dans une démarche d’éducation populaire, vient de décider, au cours de sa dernière assemblée générale, de s’adresser de manière privilégiée à l’ESS.

«Il ne faut pas dire aux gens : “Allez-y, passez au libre, c’est facile.” Ce serait contre-productif. Il faut être clair : cela peut demander un effort. Mais des associations, des passeurs, sont là pour aider, pour accompagner, et cela en vaut la peine. Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens subissent l’informatique comme une contrainte. C’est aussi pourquoi des associations comme l’April et Framasoft se revendiquent de l’éducation populaire»

«On se méfie du mot gratuit. Facebook, Google sont gratuits aussi, mais ne relèvent pas 
du libre», prévient Alexis Kauffmann. La gratuité n’est donc que la conséquence du choix 
du mode de diffusion. «La subversion du libre, ce n’est pas sa gratuité, c’est sa liberté. 
C’est ce qui fait que c’est un mouvement social et politique.»

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